Les 10km De la Chaume, objectif 60 minutes
Hello,
Il y a quelques semaines je me suis inscrite au 10km de la Chaume, au bord de l'océan Atlantique. En effet, je prépare le semi-marathon des sables d'olonnes le 4 juin. J'avais donc envie de faire une course au même endroit avant le jour-J. Ce 10km était donc pour moi le meilleur moyen de me confronter au vent du bord de mer, au gout de sel et à la vue de l'océan durant le run.
Pour cette course, j'ai eu envie de proposer à des amis à moi qui courent bien et régulièrement, histoire de me motiver et de vivre cette expérience avec moi ! Deux ont répondu à l'appel et vous allez le voir par la suite. Ils ont été des béquilles et des moteurs durant toute la course.
Depuis que je me suis mise à la course à pied, je rêve de parvenir à courir un 10km en 1heure. De tenir à 10km/h sur une assez longue distance quoi. Autant vous dire que c'était un challenge assez difficile car habituellement je suis autour de 6'30-7'00/km lors de mes longues sorties.
Mais heureusement, en ce 22 avril, j'étais très bien accompagnée et les conditions étaient quasiment toutes réunies pour que je me surpasse.
Jour-J : Je me lève avec une pointe au mollet. Il faut savoir qu'à chaque fois que je stress un peu pour une course, je me lève le matin avec un petit bobo. Est ce que c'est psychologique ? Est ce que je me cherche des excuses au cas où je n'atteindrai pas mon objectif ? Peut être.
Quoiqu'il en soit, je rejoins mes deux acolytes à 15h pour le départ à 17h. Nous récupérons nos dossards à 16h15. Puis nous nous échauffons tranquillement, rigolons, fixons notre stratégie pour parvenir à faire la course en moins d'1 heure. Le stress commence à monter. Les gars veulent partir sur une base de 5'55/km. Je m'en sens pas du tout capable, c'est carrément 30 secondes voire 1 minutes au-dessus de mon rythme habituel. Le stress commence à monter sérieusement, mon ventre se noue et ma bouche s'assèche. En cette chaleur de plomb (tout est relatif : 22°), ça part mal...
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| Avant le départ. Bonne ambiance. Décontractés. |
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| Pour l'instant, tout va bien. Nous sommes frais ;) |
17h arrive, nous sommes à la fin du peloton de départ. Nous avons envie de faire cette course tranquillement et d'atteindre notre objectif, mon objectif.
Je redis une dernière fois aux garçons qu'ils peuvent vivre leur run, qu'ils ne sont pas obligés de rester avec moi. J'ai peur qu'ils s'ennuient les pauvres. Eux qui courent habituellement un 10km en 45-50 minutes. Ils refusent catégoriquement de m'abandonner dans ce challenge. Cette course on la fera à trois ou rien.
C'est parti. Le départ est lancé.
Je pars sur un très bon rythme. Je me sens bien et nous doublons pas mal de monde. Il faut savoir que durant le premier kilomètre nous sommes tous assez serrés. Chacun essaie de se caler sur son rythme. Pour moi, je suis déjà dans un rythme plus élevé que d'habitude. Mes jambes sont lourdes. Je sens les 15km de mercredi peser sur mon organisme.
Mais mes "coachs" d'un jour sont là. Ils me disent que c'est parfait, qu'il faut tenir ce rythme. Je continue alors, le public est là, ce qui s'avère motivant, bien qu'ils ne font qu'acte de présence, je n'entends pas beaucoup d'encouragements. Premier panneau indiquant le nombre de kilomètres parcourus : 2Km.
Quoi ?? 2 km ?? Je sens déjà la fatigue dans tout mon corps. Je ne suis pas du tout confiante. Je me sens pas capable de tenir encore 8km à cette allure. Je ne laisse rien transparaitre. Je me dis que le début de la course est toujours le plus difficile mais que ça va aller. Avec les gars je vais pouvoir le faire. J'ai la conviction que nous sommes beaucoup plus rapides que ce qu'il faudrait, bien que les gars n'arrêtent pas de dire que c'est juste parfait. Il s'avère que nous étions pile poil au bon rythme. Il ne fallait pas baisser le régime... Trop confiante sur ce coup la? Peut être. On continue donc sur cette première boucle assez plate et en ligne droite. Premier virage. Je me sens bien. Mais je n'arrive pas du tout à estimer où nous en sommes dans la course 3-4km ? J'attends le prochain panneau. Ah, il est la devant moi. Il indique 8km ? Quoi ? C'est impossible. En fait, c'est 8km quand j'aurai déjà fait deux fois la boucle. Cela me déprime un peu. Ca veut dire qu'on est encore vraiment au début de la course. Je ne perds pas espoir. Le cadre est sympa, je continue avec cette foulée rapide et on va voir.
Les kilomètres défilent. On a fini la première boucle, on passe devant le ravitaillement, ça veut dire que nous en sommes à 5km. Les gars continuent, bien sur, à m'encourager. Ils me disent que nous sommes parfaits au niveau du rythme, qu'il ne faut pas lâcher. Ils me protègent du vent quand il y en a. Juste génial quoi. Les deux me demandent si je veux m'arrêter au ravitaillement. Je leur fais signe que non. Pour réaliser mon objectif, je ne dois surtout pas perdre de temps. Bien sur j'ai soif, mais je vais réussir à tenir sans boire.
6ème kilomètre. Je sens la fatigue de plus en plus intense dans mes jambes. J'ai sacrément ralenti. Je le sens. Je regarde les gars devant moi, ils se regardent et je vois dans le regard de JF qu'il est inquiet. Il faut que j'accélère si je veux y arriver. Mais je n'y arrive pas. Mes jambes ne veulent pas, ne peuvent pas accélérer. Les gars continuent de m'encourager "Allez, on accélère, allez pense à l'arrivée, tu peux le faire". Les coureurs passant à côté de nous m'encouragent aussi. Ca me touche, j'ai envie d'accélérer mais vraiment, je n'y arrive pas.
Deuxième ravitaillement. Le dernier était au 5ème km. Nous sommes au kilomètre 7. Je sens que j'ai perdu toute l'avance que j'avais prise. Je sens que je n'y arriverai pas. Les gars me demandent si je veux quelque chose. Je dis Non ! surtout pas. Pourtant Jeremy part vers le stand. Il a peut être soif. Il revient avec un sucre. Je me sens pas du tout capable de manger un sucre. J'ai soif. On dirait qu'il a lu dans mes pensées, il me dit : "C'est pas grave si tu as soif, tes jambes ont besoin d'énergie, mange ce sucre". Je prends le sucre, le pose sur ma langue et là, je revis. Ce sucre a un effet incroyable sur moi.
J'ai l'impression qu'on a appuyé sur le bouton "booster" de ma manette. Me voilà à "sprinter", à doubler pas mal de monde. Je me sens mieux, le public est là, le sucre m'a fourni une énergie incroyable. Je sens que je suis en train de rattraper le retard que j'ai accumulé les deux derniers kilomètres.
8ème kilomètre : les effets du sucre se sont estompés. La dernière difficulté de la course est là, une petite montée qui me coupe les jambes. Les gars continuent de m'encourager mais cette fois ils me donnent des conseils "poussent sur tes cuisses", "il reste que 2kilomètres, tu peux le faire", "regarde devant toi, on voit la flamme d'arrivée", "Aide toi de tes bras, ils vont rythmer ta course", "utilise le vent pour renouveler l'air dans tes poumons"... Evidemment, je suis tous leurs conseils mais vraiment, mes jambes sont dans un état impossible, j'ai des fourmis dans les pieds et des frissons dans le corps. Je suis épuisée, j'ai envie de vomir. J'essaie de ne pas décélérer mais je sens que c'est de plus en plus difficile pour moi.
9ème kilomètre, on entend le speaker de la course annoncer que nous sommes à 55 minutes de course. Ca veut dire qu'il me reste
JF m'annonce qu'il reste 500mètres. Comme il dit "c'est du pipi de chat". Puis 200 mètres, je n'en peux plus. J'ai envie de finir tranquillement et tant pis pour l'objectif. Sauf que cette fois, les gars m'attendent, ils me tendent la main et je finis avec à ma droite Jeremy et à ma gauche Jean-Francois. Mains dans les mains. A partir du moment où j'ai saisi leurs mains, j'ai senti une accélération folle dans mes jambes. Ils m'ont portée. Mes Jambes allaient à un rythme incroyable, leur rythme. Nous passons la ligne d'arrivée. Je ne vois pas de chrono. Jeremy regarde sa montre : 59'48.
On se tape dans la main. Je suis heureuse,
Je me sens bien.

Après l'arrivée. Heureuse.
J'ai envie de remercier la terre entière. Mais JF me le rappelle durant tout le trajet qui nous ramène à la voiture : C'est tes jambes qui l'ont fait Chloé. Seulement tes jambes, même si ton cerveau te fait croire que ce sont les nôtres".
Merci. <3





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